Collège secondaire de l’Elysée, Lausanne| C. + F. Brugger

Ingénieurs: F. Matter, ing. SIA R. Suter, ing. SIA F. Landry, ing. SIA

Le collège de l’Elysée a été construit en trois étapes, d'abord les bâtiments des classes du groupe supérieur et du groupe inférieur. L’aula est venue ensuite. Actuellement, on est en train de terminer les terrains de sport et la salle de rythmique ; les salles de gymnastique sont en service depuis cet été.

Quoique les enfants ne disposent pas encore d'une des parties importantes de leur collège — on pense aux terrains de sport — on a quand même le sentiment de voir largement réalisés les intentions et les vœux des constructeurs, en voyant cette joyeuse jeunesse vivre dans son collège.

Il faut avouer que le site admirable de la campagne de l'Elysée aura bien aidé les architectes dans leur entreprise. La beauté du parc, les pentes douces du terrain et la vue magnifique offraient des possibilités exceptionnelles. Toute la puissance et l’importance d'un groupe de bâtiments de ces dimensions se trouvent ainsi réduites à une échelle humaine.

L’architecture de l'Elysée se caractérise par ses formes simples. Les bâtiments s'adaptent au terrain, descendant en un grand mouvement d'escaliers de l'avenue de

l’Elysée à la propriété de Beau-Rivage. Ils sont disposés de telle sorte que toutes les façades prennent la même importance.

L’entourage, les grandes zones vertes reliées entre elles, provoquent un sentiment de générosité, encore accentué par la présence des beaux arbres.

Un rez-de-chaussée très transparent allège chaque fois les étages supérieurs, mais donne aussi de l’importance aux socles des bâtiments. A chaque heure du jour le jeu de la lumière diffère sur les façades et en souligne l'impression plastique.

Le grand hall du groupe supérieur se distingue par ses vastes dimensions et l’élan de l'escalier principal, le fond calme des parois des classes forme le contraste nécessaire.

Dans le centre du bâtiment du groupe inférieur, nous rencontrons le même principe, mais de proportions plus réduites, adaptées à l'âge des enfants des premières classes. Partout on a cherché la plus grande unité dans les moyens d'expression; la tranquillité qui s'en dégage forme le complément harmonieux de l'architecture très vivante des halles centrales.

Cependant l'architecte ne construit pas son école sans l’aide du pédagogue, il est en effet indispensable qu'un dialogue s'établisse entre les architectes et les maîtres.

Les classes, leurs formes, leur équipement, même la méthode d'enseignement ne peuvent être conçus sans la collaboration étroite des deux professions; aucun règlement ne remplacera la discussion, la recherche, la critique d’hommes connaissant leur métier.

C’est grâce à ce contact continuel que les architectes ont senti ce que serait l'enseignement dans le collège et quels espoirs reposaient en eux.

On aura certainement encore l’occasion de parler plus en détail de l'ensemble de cet important groupe scolaire en voie d'achèvement et qui comprend également l'école cantonale des Beaux-Arts et d’Art appliqué.